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Drasseur, Girofli-girofla, l'Oeuvre, Lecoq, Millandy, Pétrouille, SDN
Samedi 13 novembre (20h)
Ce matin brouillard quand j’ai passé le pont de Clichy. Il me semblait sur la seine qu’une chaleur intense faisait flotter sur sa surface une buée plus intense encore. A l’heure où j’écris le vent commence à faire entendre sa musique que j’ai entendue tant de fois dans la solitude des fournils, dans les nuits si longues de la guerre mais malgré tout garde un charme indéfinissable.
Dimanche 14 novembre
Paul et Henri sont venus à 17h30. je ne pensais plus qu’il me viendrait des visiteurs ensuite, Angèle et Madame Paul ainsi que Jeanne.
Alors ce fut comme d’habitude. Ils s’en retournèrent tous ensemble vers 18h30.
Nouvelle audition d’un hymne en l’honneur de la société des nations organisé par le Journal l’œuvre chanté par monsieur Georges MILLANDY et auteur. Cela me chasse le cafard, je finirai par m’en libérer car vraiment, je suis vraiment trop consciencieux. Je peux bien faire comme tant d’autres qui ne sont pas dans la même situation que moi. On se lasse à la fin comme dit un proverbe « il n’y a que le premier pas qui coûte » car cette fois, c’est trop de déception.
Lundi 15 novembre 1926 (19h40)
J’écoute Drasseur qui fait ses réflexions devant le microphone nous faisant part de son système de faire rire. Il nous interprète Pétrouille, tu sens la pastille de menthe. Moralement, j’ai passé une journée beaucoup plus inconfortable qu’hier. Je n’ai eu de déception, le temps même fut beau et doux pour la saison. Ce soir belle audition, mon auditrice en a profité, les noces de Figaro, une comédie en un acte qui nous fit rire une demi-heure, la délaissée moi je pourrais reprendre cela pour moi en le mettant au masculin.
Mardi 23, 1926
L’été de la St Martin continue, un peu de pluie ce matin et du soleil cet après-midi, la journée s’est passée normalement, rien à dire de la politique, on affiche des prix en baisse tant mieux que cela dure mais ils en est dans certaines classes politiques qui voeint cela d’un mauvais œil. Du coup, un argument formidable serait appellé à disparaître, on nous a parlé d’une pièce où le bonheur est l’argument principal.
Pour moi, c’est simple. Le bonheur quand je suis en bon état de santé, la satisfaction du travail accompli, la conscience tranquille ne me reprochant rien, un bon repas avec un bon vin, une cigarette qui se fond en fumée bleue et au-dessus de cela quand Jeannette est avec moi, là le bonheur devient charmeur, évocateur. Il n’y a plus rien au-dessus.
Ce soir audition de Girofli-Girofla de Lecoq. Il est 22h30.
Ciel couvert, boulevard tranquille, la lumière en face au fond qui brillait toute la nuit s’est éteinte depuis deux nuits, mystère, au gratte-ciel en face pas une, il n’y a donc que moi qui veille.
Ce silence nocturne que je connais bien est sublime.
