Mercredi (19h30)
Belle journée, été de la St Martin . Ce soir + 11 et ce matin + 6 seulement. Demain repos.
On fête la victoire, le poilu qui dort là-bas sous la dalle. On ne fêtera pas la paix ni les illustres nullités qui l’ont faite.
Nous payons cher aujourd’hui l’incompétence des uns, la mansuétude des autres. Je doute fort que la journée de demain soit d’enthousiasme et d’entrain comme elle aurait pu l’être si l’on n’avait saboté la victoire.
Jeudi 11 novembre 1926 (9h30- 22h15)
Cette fois, je suis allé déjeuner à Paris chez Henri, ensuite nous sommes allés à Levallois rue Cavé chez un ancien ouvrier à Henri que je connais sous le nom de Paul qui nous reçut on ne peut mieux ainsi que sa femme très charmante.
Il me fit ma tête ce qui fait que c’est encore à Levallois qu’elle fut faite, coïncidence. La journée fut très belle, un jour de mai.
Vendredi 12 novembre 1926 (19h30)
En ce moment, Radiola fait chanter l’Hymne de la Société Des Nations. On parle de la république universelle, humanité, liberté, pardon.
C’est le chant des peuples.
Aujourd’hui rentrée des chambres. Livre à 144. Il y a 60 interpellations au gouvernement inscrites à l’ordre du jour. M. Poincaré va demander qu’on les renvoit à la suite et si on ne veut pas, il s’en ira.
Nos bavards vont être bien déçus.
Ce soir, Radiola donne un morceau de Mozart mais je n’y comprends pas grand-chose. Certes la musique est jolie mais comme ces artistes sont incompréhensibles, il faudrait avoir le livret.
Les interpellations sont renvoyées par 365 voix contre 207. Demain on travaille pour remplacer la journée d’hier qui fut fériée. En 8 jours, la banque de France a acheté 125 millions d’or.
