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Café de la Comédie, Damoy, Exposition-universelle, Gare d'Orsay, mélange-Blanchard, St Jacques des guerets, Vendôme
Mardi 10 août 1937
Ce matin beau, baromètre à 768, mini + 17, hygro 72. Le gros est revenu ce matin. Il a eu une maladie commune dans les chaleurs, l’entérite. Les pernods à base d’anis auraient du le préserver de cela. Je crois que Jeanne, qu’elle soit à Paris ou à Troô, il y a toujours quelque chose qui fait qu’elle ne peut me voir qu’à la sauvette. Il y a toujours eu entre nous, soit un gosse, soit une vieille ou d’autres menus fretins mais enfin, le résultat est toujours le même et je m’habitue à cela depuis presque 35 ans, quelle patience j’ai eue. En attendant les journaux à envoyer là-bas montent en tas. Pour ma tranquillité d’esprit, je préfère qu’elle soit là-bas, je suis obligé de l’avouer à moi-même.
Vendredi 13 août 1937
Aujourd’hui temps moins chaud. Averse à midi assez forte et une légère l’après-midi. Le baromètre sans changement à 761. J’écris ce soir au crépuscule car Jeanne est venue. Je venais de me raser. Elle est repartie vers 19 heures 25. J’ai eu tort de douter d’elle, elle est reste ce qu’elle a toujours été. C’est moi qui devient vieux et me fais de mauvaises illusions. Je le confesse franchement, elle garde dans mon cœur la meilleure place et je regrette tout ce que j’ai écris précédemment. Cela ne m’arrivera plus, elle est pure et sincère et je fais amende honorable. Elle me le pardonnera. Donc dimanche je suis invité chez Suzanne vers midi. A présent, il faut la lampe. La lune brille dans son premier quartier. Je pense que Jeanne est bien rentrée.
Samedi 14 août 1937
Debout à 6 heures, ciel couvert, baromètre toujours 761 mini + 18 très humide 93, vent des régions sud. A 9 heures 30 je suis parti, la chambre faite, je suis allé à la poste où j’ai pris des bandes, un petit bidon au bazar pour la vermine, des bonbons, un gros morceau de gruyère, un mélange Blanchard, au bureau de la TCRP, cartes, carnets 20 cents, chez Damoy brioches 11,40, une toile à laver 2,75. Et voilà, je suis rentré à 11 heures. Par moment, il y a de petites averses. C’est la mi-août.
[Souvenirs du Samedi 14 août 1909] Ce jour-là nous prenons le train à la gare d’Orsay avec ma mère pour Vendôme où mon frère tient le café de la Comédie. Après un voyage agréable, nous verrons ce beau café que j’ai revu le 15 juillet dernier quand nous avons mené la voiture à réparer. Vendôme est une jolie petite ville agréable. On y respire le calme et la tranquillité. Le Loir s’amuse à la traverser en plusieurs bras différents. Nous y allions pour le baptême de ma petite nièce et de mon petit neveu. Lui est déjà passé dans l’éternité et quand à l’autre, je ne sais où elle est. 28 années ont passées depuis ce jour. Pensons à ceux qui y étaient et qui à présent ne sont plus. Voici le crépuscule, il y a de grosses nuées noires dans les coins et le baromètre a tendance à baisser 760.
Lundi 16 août 1937
Ce matin, le vent était redescendu vers l’ouest, aussi le ciel était-il presque couvert, puis de 11 heures à 16 heures, belle éclaircie et depuis 17 heures couvert, le baromètre a fléchi de à peine2 mm, 763,5 à 762, hygro 88 à 78 mini +15 maxi +23. C Cette journée de lundi presque férié ne sera pas désagréable si la pluie ne gâte la soirée ce qui est à craindre. Première journée de congé du gros, elle s’est assez bien passée. Stephen est revenu, le coin reste animé.
Je ne note plus les observations de 1909 puisque j’étais à Vendôme. Je crois que ce lundi, ce fut la première fois que je vis Troô. Jean et Frasie étaient installés à St Jacques au bord du Loir près du moulin. Il y avait mon frère Albert, ma mère, Jeanne, Angèle, Henri. Ce fut une folle équipée. On mangea un lapin pas trop cuit et je couchais à l’auberge du cheval blanc. A cette époque, Mars brillait dans tout son éclat mais bas sur l’horizon et je fêtais Vénus. Heureux souvenirs de choses que je ne reverrai plus.
Jeudi 19 août 1937
Ciel couvert jusqu’à midi, puis nuageux, fort vent d’ouest ce matin, + 18 et à 17 heures + 24, baromètre en hausse plus lente 766-767, hygro 95 à 82. Ce soir, je suis rentré avant 17 heures. Je me suis lavé et à présent j’attends Jeanne. Viendra-t-elle ? Je commence à me le demander. Jeanne est venue à peu près une heure après que j’étais rentré. Elle est allée à l’Expo lundi.
Il y avait foule et il parait que l’argent y fond comme beurre dans la poêle comme disait ma mère.
C’est avec un peu de tristesse que je viens de lui faire les adieux car quand la reverrai-je ? Si j’étais plus jeune, je douterais moins de l’avenir. Mais hélas, les années sont là sur la tête. Elle a emporté le paquet que je lui avais préparé et à 19 heures 20, elle montait dans l’autobus. A présent, je vais reprend ma vie solitaire. Je vais revoir mes bouquins, mes lorgnettes et je me souviens des contes d’Hoffmann [mis en musique par Offenbach] « Elle a fui la tourterelle ».
Ce soir, ciel idéalement beau. Que vais-je manger ? Je ne me sens pas d’appétit. Bientôt 21 heures, je fume une cigarette devant ma petite lampe en pensant à beaucoup de choses. La lune monte derrière le toit de la maison d’en face sur le boulevard. Jupiter, brillante étoile , la précède. Hier soir, les deux astres semblaient voyager ensemble et cela, c’est une illusion. Ce soir, brillant coucher de soleil ; les nuages épars dans le ciel semblaient de cuivre rouge. Nuages bien éclairés au crépuscule, beau temps pour le lendemain.

