Les odeurs de Saint Denis méritent une mention particulière. Il en venait parfois la nuit, toutes portes closes, ça rentrait quand même.
Le 18 juin 1897 fut marqué par un cyclone qui se forma à Nanterre, traversa Asnières (Place Voltaire, un café en a gardé l’enseigne), il traversa la route de la Rivelle dans la plaine Saint-Denis. De gros platanes sur une largeur de 150 mètres étaient rasés juste à la hauteur des branches, les autres au ras du sol. Plus loin au carrefour Pleyel, de nombreuses petites baraques furent plus ou moins abîmées.
Ce fut la nuit du 31 décembre que je vis pour la première fois mon beau-frère Henri. Mon frère était alors au 5ème cuirassier, il venait en permission, je pris une semaine de repos.
Il était passé minuit et on frappe à la porte. J’ouvre : un cuirassier et un fantassin. Celui-ci, je le connaissais bien, c’était Petit. Ils me dirent que mon frère Albert était tombé. Enfin, je ne sais plus quelle histoire ils me racontèrent. Enfin, ils s’en allèrent. Le matin, le concierge qui leur avait ouvert me dit que l’on avait eu de la veineque le patron n’ait rien entendu. Il en aurait fait un raffut. Enfin, comme mon frère alors au 5ème cuirassier venait en permission, je pris une semaine de repos. Quand je rentrais à Clichy, il était couché. De ce que je fis cette semaine, il me reste un seul souvenir. Mon frère Albert alla dîner un soir chez son copain Henri. Ils devaient être à la veille de s’en retourner et moi et Petit, on cassa la croûte dans un restaurant près de la gare. Enfin, nous voici en 1898. Je dus reprendre vers le 10 janvier. Comme le matin, je revenais souvent à pied, un matin, un grand qui travaillait chez Bourgogne à St Ouen m’apella une fois, plusieurs autres fois. Il aimait bien me [taper ] tant et si bien qu’à la fin, j’avais fini par changer de chemin. Je n’avais pas d’argent pour faire des extras. Enfin, vers la fin de l’année, ne travaillant plus, il me tapa de cinq francs que je ne revis plus, pas plus que lui.
Chez le bistrot, c’était des discussions à propos de l’affaire Dreyfus. A la fin de l’été, le brigadier poète qui travaillait avec moi m’apprit qu’il avait fait un héritage et qu’il allait s’établir à St Quentin son pays. On en essaya encore et finalement ce fut un de St Merin que le patron connaissait qui vint avec moi. Il s’appellait Ravachol. C’était un surnom, un frisé bon vivant, bavard comme une pie, faisant des châteaux en Espagne.
Ce fut aux élections de 1898 que Briand alors directeur de la Loire se présenta à Clichy. Il fut battu.