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Samedi 15 janvier 1938

Il a plus cette nuit et au lever du jour forte averse, éclaircie ensuite. Je vais faire la chambre et ensuite j’irai encore une fois jusqu’au bureau du chômage. Je suis allé voir à la mairie. On m’a dit de revenir à 14 heures 30.  Hier je faisais le compte du prix du pain d’après le prix des farines (267) les 100 kgs ce qui met la culasse d’autrefois à 425 francs. Il y a quarante ans de cela, je l’ai vu à 45 francs marque de Corbeil et je pensais ils ne vont pas tarder à augmenter le prix du pain. Ca y est sur le journal de ce matin, le pain à 2,70 le kg à partir de lundi prochain. Je viens d’acheter un quart de beurre moyen.

Mardi 18 janvier 1938

Hier après la forte averse de midi le baromètre a haussé rapidement jusqu’à 21 heures il était à 767 et ce matin 768. je me suis levé à 6 heures et j’ai allumé le feu. Je vais faire aujourd’hui l’armoire, c’est-à-dire la passer à  l’encaustique. Et je crois que ce sera assez pour ce jour. L’armoire est faite, ensuite j’ai changé les rideaux. Deux fenêtres, celle de gauche impossible de l’ouvrir.  Comme c’est l’habitude chaque hiver ; donc je n’ai pu faire les vitres extérieurement. Celle de droite impossible de la fermer complètement. Tout cela c’est gonflé par l’humidité. Et voilà une matinée bien employée. Je vais me raser après avoir marqué un torchon oublié. Le vent est retourné au Sud-Est. Le baromètre reste à 768, temps couvert. Je me suis reposé de 13 à 15 heures puis je me suis préparé pour aller voir Albert et lui porter les romans d’Eugène Sue, l’Orgueil et Mathilde. Il m’a glissé un billet de cinquante francs dans la main en cachette de sa femme et aujourd’hui il est allé voir son médecin. Donc il était là mais de cela, j’étais ignorant. Il m’a remis aussi 9 tickets de la T.C.R.P. pour les jours de grève de la fin de l’année. Ils avaient envoyé cela au Carbone. J’ai eu le nez fin d’aller faire cette petite visite. En même temps j’ai mis deux journaux à la poste. A 19 heures j’étais rentré. Le baromètre a baissé de 4 minutes depuis ce matin. Ce soir le temps est couvert. Il faudra que je réponde à son fils.

Mercredi 19 janvier 1938

Je suis allé faire pointer ma carte ce matin en même temps on m’a remis un papier pour toucher de l’argent demain jeudi. En rentrant j’ai écrit une lettre pour Sénéchau à Chatellerault. A présent je vais faire un peu ma toilette. Entre temps forte averse avec des grêlons, et voici une carte de faite pour le fils à Gouëllain. Le vent est passé au N.O., baromètre 763. Aujourd’hui je n’ai rien fait. Je suis allé voir M. Thibert, tension 6,5 et 18. Il m’a ausculté soigneusement, m’a recommandé d’aller doucement et de me reposer. Et voilà pour 25 francs. Il y a trace d’albumine. Le billet du gros va se trouver mangé ainsi. J’ai écouté la T.S.F. de 18 à 21 heures. Ce soir baromètre à 770, + 6.

Jeudi 20 janvier 1938

[ Photo : les Tourneurs] Debout un peu avant 7 heures. Le temps est nuageux, vent nord ouest faible, température + 7, baromètre 771 et hygro 76.  L’hiver n’a qu’à continuer comme cela, on aura besoin de moins de charbon. Ce matin, il faut que je fasse encore le ramoneur, son charbon en bas est changé, il fume et fait beaucoup de suie. J’ai ramoné le fourneau. Il y a longtemps que je n’avais ramassé tant de suie. En même temps, j’ai mis un peu de terre à four au foyer et je lui ai fait sa toilette. Je vais me préparer pour aller à la paye des chômeurs. Je vais voir ce qu’ils vont me donner. Je suis allé à la paye. J’ai touché 106 francs, j’ai attendu une demi-heure environ. Il y a des vieux, des jeunes, des femmes jeunes et âgées. J’avais le numéro 873. Aprésent, je vais manger les restes de dimanche avec des pommes à l’eau. Le temps reste couvert. A midi, 773 et + 10. Repos de 13 à 15 heures. Ensuite de 16 à 18 heures. J’ai fait marcher la T.S.F.  de 19 h30 à 21 heures et à 22 heures 15 j’allais au lit.