Il y a vingt neuf ans, il faisait un brouillard épais et glacial.
Il y avait huit jours que j’étais libre et j’allais m’enterrrer dans ce [trou] de Montigny. Ma mère m’y accompagna. Il est vrai que je devais continuer le métier de mitron. Je ne pouvais guère choisir.
Ma mère, à cette époque, avait cinquante quatre ans.
Elle était encore très valide quoiqu’elle n’eut qu’un grand tort dans sa vie, c’est de se faire du mauvais sang quand quelquefois, c’était inutile.
Moi tout heureux d’être quitte du service militaire, je ne pouvais penser que je lui ferais de la peine d’être ainsi éloigné d’elle.
N’ai-je pas moi-même à certains jours, les mêmes sentiments quand j’espère voir venir un être qui m’est cher et qui ne vient pas.
Préciser serait évoquer des jours tout récents.
Laissons les brumes du passé.
Assez belle journée presque froide, baromètre bas. Je crois qu’il pourrait y avoir de la neige. Enfin, on verra bien.


