Ce matin, j’ai travaillé jusqu’à midi. Bien entendu pour avoir le tramway à midi, faudrait faire comme certains gosses, monter sur les tampons derrière. J’ai passé l’âge de ce genre de sport. Aussi suis-je revenu à pied.
Il faisait beau pas trop froid.
Encore un décès dans la maison, un petit de cinq ans chez l’épicier au-dessous de moi. Il est toujours pénible de voir les petits êtres s’en aller si jeunes. La mort frappe indistinctement, elle est aveugle . La mère venait d’en avoir un autre. L’ainé s’enfuit. Quelle déception pour les pauvres père et mère. La vie est cruelle pour certains et qu’y pouvons-nous ? Rien. Il faut subir la fatalité inexorable.
Ce soir je ne suis pas sorti. Je ne le pouvais pas étant à moitié grippé comme d’autres. Je veux éviter tout risque qui pourrait me clouer au lit. Je souhaite que le destin m’évite cette calamité. Le baromètre monte et le vent vient du nord, faible, je crois qu’il gèlera cette nuit.


