Une belle journée, brouillard ce matin jusqu’à 7 heures. Hier soir, en revenant, je remarquais une tranchée que l’on avait creusée en face de la rue Morel et qui venait jusqu’au milieu du boulevard. Elle était entourée de cordes. Je pensais en moi-même “voilà là un piège pour les autos”.
Cela n’a pas manqué. Quand ce matin je suis repassé, une auto était venue buter contre la tranchée et dressait son arrière vers le ciel. Certes cela eut pu être évité si comme ce soir, on avait établi une solide palissade en planches et mis un agent. Toujours la même histoire, on attend qu’un accident soit arrivé pour prendre des mesures.
Ce matin, + 6 max, ce soir + 15. Ce soir, je me fais un tapioca qui est prêt et je continue mes flageolets. Je suis allé payer mon terme à la concierge. Il n’y a pas de changements, 172,40. Il va falloir samedi prochain que je m’achète un peu de lingerie.
Il est encore plus instructif de consulter de vieux bouquins que d’écouter la T.S.F.
Entendre “un meuble signé Lévitan dure longtemps”, “le vernis Cire”, les galeries Barbès et leur bonhomme en bois…
Ainsi ce soir en pensant aux livres d’histoire que l’on met entre les mains des jeunes écoliers, je pensais au Père Loriquet dont mon professeur M.Pierre autrefois nous parla. Il avait écrit une histoire de France en deux volumes toute truquée. Ce fut ce qui le rendit plus célèbre à la postérité. Il était né à Epernay en 1767 et il mourut à Paris en 1845. C’était un jésuite et éducateur, vulgarisateur, célèbre pour son époque. Nos éducateurs qui travestissent l’histoire à la mode du Père Loriquet.
Et Lorette qui donne son nom à Notre Dame de Lorette, et bien, il y a bientôt un siècle, ce nom était donné aux femmes galantes. Et comme dans ce quartier de la ville, il y en avait beaucoup, on nomma l’église ainsi. Elle fut édifiée sur les plans de l’architecte Hippolite Lebas (architecte, 1823-1836).
A cette époque, les masses populaires étaient pour Napoléon comme aujourd’hui elles sont pour le socialisme. Bonaparte était le socialiste de l’époque, il flattait les masses populaires leur promettant monts et merveilles. Tout pour le peuple et par le peuple. On sait ce qu’il en advint. Les socialistes de notre époque emploient les mêms procédés des bonapartistes d’il y a un siècle. On flatte les masses populaires, on leur promet le bonheur, la paix, tout ce qui peut faire un peuple heureux et puis on déchantera. La dictature socialiste ne pourra contenter tout le monde. les communistes eux les ramèneront à l’esclavage organisé, on tuera les trop chétifs et on ne gardera que les plus robustes, on les nourrira comme on nourrit un troupeau.
Enfin, l’humanité aura progressé, l’homme animal supérieur dominera des masses d’hommes inférieurs ravalés au rang de bétail.
On leur fera refaire des pyramides en attendant qu’ils se relèvent pour prendre une Bastille.


