Je pris le tramway en face de la porte [de Clichy] et je descendis à la mairie de St Ouen pour attendre l’autre qui devait me mener à l’entrée de St Denis où j’attendais celui qui va à Aubervilliers. J’ai remarqué que le passage à niveau homicide existe toujours. Le Parc de St Ouen qui était un oasis de verdure dans cette contrée où les cheminées d’usine sont aussi nombreuses que les arbres est aujourd’hui morcelé, ravagé.
On a conservé un rideau d’arbres en face de la mairie et c’est tout.
Ici, la place de la mairie est une gare terminus de tramways entre St Ouen et St Denis où il y a vingt cinq ans on voyait encore des ceps de vignes et des blés. Tout est boulversé, que c’est laid !
Avant le pont de la révolte, après le Carrefour Pleyel, il y a toujours l’équarisseur et aussi de nombreux rats. Les wagons lits sont comme autrefois. Que de fois ai-je fait ce chemin à pied ! Enfin, à 14h45, je passais devant la mairie d’Aubervilliers ; je remarquais le clocher de l’église qui est une sorte de tour Notre Dame en miniature.
Rue des Citrés, je rendis visite à M. Viargues qui m’offrit une vieille bouteille. Je pris congé de mon bistrot pour me rendre au cimetière. J’y rentrais en même temps qu’un convoi.
Puis je pris le train pour Paris. Je fis le poireau au moins trente minutes à la gare de Pantin. A six heures à la gare de l’est – celle-là on la connaît – je pris le 26 et arrivais à Gambetta vers six heures et demi. Quelques instants plus tard, j’étais chez Françoise, elle faisait des crèpes. J’en ai profité pour offrir quelques fleurs à Jeanne. Nous avons bu le coup ensemble. Ils vont aux Variétés ce soir.


